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La sublime musique de Fredo Viola est née d’un mariage inspiré entre la technologie du 21e siècle et le plus ancien des instruments, la voix humaine. Ses chansons dégagent de l’innocence, du romantisme et une dimension presque mystique qui extrait la magie du quotidien. Elles décrivent des paysages de rêveries musicales d’une beauté étrange.

La plupart des chansons de Fredo naissent d’improvisations, tissant de multiples lignes vocales en une brillante tapisserie de mélodies, d’harmonies et de contrepoints. Des instruments électroniques ou acoustiques s’ajoutent, mais la voix reste le point central. Parfois, il utilise des sons à la place des mots, toujours avec un impact émotionnel très fort.

« Quand j’ai commencé à faire de la musique », dit Fredo, « c’était vraiment juste une manière d’atteindre une partie plus honnête de moi-même. »

Né à Londres, Fredo passe sa petite enfance en Angleterre et à Rome, puis sa famille émigre aux Etats Unis – d’abord New York, puis Los Angeles. Adolescent, il est soprano professionnel dans le fameux Bob Mitchell Boy Choir de L.A, puis part vers New York pour ses études, avec l’ambition de devenir Réalisateur. Il est désormais établi à New York, où il a perfectionné sa fusion unique de musique, performance et visuels multimédia.

‘The Turn’, le premier album de Fredo, associe une pop d’auteur/compositeur à de l’electronica, de la musique classique, des hymnes religieux, et même des ballades médiévales. Il revendique un grand éventail d’influences, telles qu’Harry Nilsson, Bartok, Kate Bush, Belle and Sebastian, Shostakovich, Boards of Canada, Stravinsky, Odetta et Alfred Schnittke. Mais sa musique hypnotique a une voix forte et singulière qui en fait quelque chose de très personnel.

« Quand on me demande, je dis que ce que je fais est entre les Beach Boys et Sigur Ros, mais je ne me suis jamais vraiment imprégné de leur musique », dit Fredo. « Je pense avoir surtout été inspiré par des années d’écoute de musiques orchestrales, qui sont très libres de couleur et de structure. »

Les amateurs de ‘The Turn’ connaîtront déjà ‘The Sad Song’, un assemblage méticuleux de mélodies suaves et d’électro aérienne, d’abord sorti sur un premier EP en Février 2008 et acclamé par la critique. Le Guardian a salué une « intensité quasi religieuse, qui ne ressemble à rien d’autre ». Alors que DJ Magazine l’a qualifié de « curieux mélange entre Philippe Glass, Moondog et Radiohead ». Allmusic.com le décrit comme « délicat, éthéré, apaisant et d’un autre monde. »

‘The Sad Song’ a fait sensation sur YouTube, avec 175 000 clicks en une seule journée, et Fredo a reçu des emails dithyrambiques de l’auteur Neil Gaiman et du critique de film Roger Erbert.  Ce titre a aussi permis à Fredo de recevoir l’invitation de Massive Attack qui l’ont fait venir à Bristol pour enregistrer des voix sur leur prochain album.

Le titre ‘The Turn’ est aussi l’un des tubes de l’album : doux et fragile de prime abord, il se transforme en une symphonie art-rock épique. La montée en fanfare et le rythme martial et strident laissent place à une mélancolie spectrale sur des samples de mouettes.

Plusieurs morceaux de l’album ont des voix abstraites en guise de paroles, une riche tradition que Fredo partage avec Sigur Ros, Cocteau Twins, REM à leurs débuts, et d’autres groupes indés innovants. Des paroles trop présentes peuvent être limitantes, explique-t-il, alors que la musique est « ambiguë et excitante, terrifiante, déchirante, joyeuse ». Les mots sont bien moins importants que les émotions profondes qui se cachent dessous.

« Tous mes morceaux sont en charabias au début », admet Fredo. « Ce qui est marrant c’est qu’une fois que j’ai fait le son, il me reste en mémoire et je peux le répéter encore et encore. Donc je suppose qu’il provient d’une partie plus profonde de moi-même. Je trouve gênant d’avoir à penser à des mots en écoutant de la musique. Cela tire l’auditeur hors du torrent des émotions. Je préfère me concentrer sur l’émotion plus forte et abstraite que l’on tire de la musique.»

‘The Turn’ est assurément un album très émotionnel, plein de soleil et de tristesse, d’humour badin et de beauté sombre. L’euphorie des souvenirs d’enfance de ‘Robinson Crusoe’ capture l’ambiance des vieux films super-8. Les pulsations techno-folk de la comptine ‘Frienship Is’ font remonter des sensations également enfantines, avec des harmonies qui se croisent et rebondissent sur une version électronique de la voix de Fredo. Et ‘Red States’ est une parabole légère de l’amour et de la guerre, qui s’envole sur le courant chaud d’une mélodie à la Beatles.

Le morceau le plus expérimental de ‘The Turn’ concurrence les virées les plus aventureuses de Radiohead ou Sigur Ros. Une spirale crémeuse de voix spectrales à la dérive dans un orage électrique de bruitages de science-fiction, ‘K Thru 6’ pourrait presque être un morceau perdu de ‘In Rainbows’. Sur ‘Death of a Son’, le mélange de chants de chorale avec de sèches percussions électroniques donne une collision ambitieuse d’ancien et de moderne.

Le langage du cinéma a énormément influencé l’évolution musicale de Fredo. Alors qu’il étudie la Réalisation à la Tisch School of the Arts de l’Université de New York, il devient obsédé par la dimension rêveuse des styles de Fellini et de Bergman : « deux réalisateurs extrêmement musicaux ».

Puis Fredo travaille dans le montage et le design d’animation, ce qui lui permet d’investir dans un home studio. Sa musique a toujours eu une dimension cinématographique – un de ses premiers morceaux fut utilisé dans la B.O de ‘The Manchurian Candidate’, le classieux thriller politique de Jonathan Demme,  en 2004.

« Alors que mes compositions devenaient plus complexes, j’ai commencé à incorporer mes idées filmiques à ma musique », se souvient Fredo. « Je commençais par penser à des bruitages et aux images que cela provoquerait dans la tête des auditeurs. Je n’ai jamais appris à composer, donc quand j’essayais de structurer les morceaux les plus complexes, je visualisais la structure comme si c’était un film, ou un rêve. »

Fredo a développé simultanément son style musical et visuel pour arriver à ses remarquables performances de ‘Cluster Video’. Des collages élégants de fractales qui regroupent des enregistrements de voix et de films en une seule expérience audiovisuelle. Plusieurs exemples sont visibles sur son site :  HYPERLINK “http://www.fredoviola.com” www.fredoviola.com et HYPERLINK “http://www.theturn.tv” www.theturn.tv.

« L’idée du Cluster est née du fait d’avoir à présenter mes morceaux multi-voix en direct », explique-t-il. « Je pense que c’est la forme de performance la plus pure. Ce n’est pas du live mais une performance non corrigée, donc ce qui s’en rapproche le plus, à moins d’avoir une famille de clones qui chantent. »

L’album ‘The Turn’ sort en accompagné d’un DVD de 8 Cluster Videos et d’autres films de performances expérimentales, qui incluent des versions alternatives des principaux morceaux de l’album, ainsi qu’une merveilleuse interprétation de ‘Silent Night’ avec le baryton norvégien Nils Christian Fossdal. Chaque film est un petit bijou conceptuel en soi, distordant soigneusement le temps et l’espace, créant des panoramas grand écran à partir d’étroits espaces architecturaux et des Clusters fantômes avec des images de Fredo surimposées.

« Ce qui m’attire dans mes expériences visuelles c’est de prendre des images banales et de les transformer », explique Fredo, « pour les rendre à nouveau merveilleuses. Quand vous êtes jeunes et que vous découvrez le monde, tout est merveilleux et très choquant, en quelques sortes. Ça me manque ! Donc j’essaye de faire renaître cette expérience à travers mon travail visuel, et aussi avec ma musique ». 

Logé dans un joli digipack, ‘The Turn’ est orné des remarquables illustrations de Richard Colman, qui mêlent le style folk-art aux échos d’une imagerie religieuse médiévale. Le packaging de l’album est un objet de collection : quelque chose de tactile, de tangible et d’admirable.

« Le téléchargement a beaucoup enlevé à la magie de l’art de la pochette de disque », dit Fredo. « Avant, tu avais cet ensemble, avec la pochette, les textes à l’intérieur, et une progression pensée des morceaux. Tu développais une relation avec cet objet. Maintenant, tu télécharges juste un morceau et tu laisses de côté tous ceux que tu ne trouves pas instantanément excitants. Je trouve ça très déprimant, et je pense que l’idée d’ensemble devrait être remise au goût du jour. »

Fredo a d’autres ambitions pour ramener la magie dans le fait de posséder un album, avec des applications interactives et un artwork numérique en projet pour de futures sorties. Mais en termes d’originalité éblouissante et de beauté à couper le souffle, ‘The Turn’ est déjà le meilleur premier album de l’année. Tendez l’oreille et partez dans un songe.